dimanche 30 novembre 2008
Un grand parti à Gauche ?
Par Pascal Goudy, dimanche 30 novembre 2008 à 10:29 :: Général
Après Jean Luc Mélenchon et Marc Dolez, qui, quoi qu'il advienne, auront initié une démarche courageuse, c'est Paul Quilès et Marie Noëlle Lienemann qui font la proposition de la création d'un grand Parti de la Gauche sur un site .
Jean Pierre Chevènement avec ses retenues et ses circonvolutions habituelles, lui aussi regarde cette possibilité avec intérêt.
Benoît Hamont et Henri Emmanuelli ont également, dans leur contribution au congrès du PS, parlé à leur façon de ce grand parti de la Gauche.
Malgré toutes ces déclarations, la crédibilité d'une telle démarche, dépend pour beaucoup de l'attitude du Parti Socialiste. Quelle va être sa ligne à venir ? Celle d'un rassemblement clair à Gauche sans volonté d'hégémonie et avec l'ensemble de ces partenaires historiques ? Ou bien celle d'une troisième voie, chère à certains "barrissements" sociaux libéraux... ?
Sur fond de discorde socialiste, le serpent de mer de l'alliance avec le centre; refait surface :
« Les choses sont claires, en conclut Hervé Morin, ministre de la Défense et patron du Nouveau Centre. Il y a un pôle de gauche avec le PS et le MoDem. En face, il y a l'UMP, puissante, qui bloque l'extrême droite et qui laisse ouvert un espace au centre qu'on doit être en mesure d'occuper. »
Si un certains nombres de socialistes et notamment Ségolène Royale semblent rejoindre cette analyse, certains absents du congrès socialiste, comme Dominique Strauss-Kann, sont sur la même longueur d'onde... Quid alors de l'Europe et du traité de Lisbonne ? Quid alors d'une société mixte avec un pôle public puissant ? Quid alors du dépassement du capitalisme et de l'invention d'une organisation sociale du marché ? Besson, Kouchner, Allègre, Lang et consort ne sont-ils finalement que des éclaireurs, ou simplement d'intelligents opportunistes ?
C'est au Parti Socialiste de le définir dans les semaines à venir.
Quand au Parti Communiste, s'il ne représente plus une solution idéologique, il ne reste pas moins un parti d'élus dévoués et compétents.
Tournera t'il la tête vers Mélenchon ? Aura t-il l'intelligence qu'il n'a pas eu pour les présidentielles dans la dynamique du non au référendum de 2005 ?
Le NPA de Besancenot, pour sa part semble cultiver la marginalisation radicale, en calquant ses déclarations et peut être son fonctionnement sur les méthodes de la LCR.
A mon avis, ce débat est loin d'être clos ; mais si la Gauche veux réellement exister à Gauche, elle doit d'abord s'interroger sur ces convictions réelles.
