Total bat d’années en années le record de profit jamais atteint par une entreprise française.
2006: 12,6 milliards d’euros; 2007: 13,2 milliards d’euros; 2008: 13,9 milliards d’euros.
L’essentiel de ces profits hors normes n’est pas réinvesti à long terme. Entre 2002 et 2005, les investissements productifs de Total ont augmenté 5 fois moins vite que ses profits : +22% d’investissements dans la production quand les profits augmentaient de 106 %!
La manne sert surtout à augmenter la rémunération des actionnaires. Dans ces conditions, depuis 2003, le dividende par action a doublé. Il est passé de 1,18 euros à 2,28 euros. Ou bien, ce qui revient au même de bien des façons, le pactole est utilisé à racheter ses propres actions.
Total est aussi devenu le champion français des rachats d’action. Ces opérations sont de telle ampleur qu’elles représentent à elles seules la moitié des opérations de rachat d’action de l’ensemble des entreprises françaises depuis 2000.
Depuis cette date, Total a ainsi racheté pour 30 milliards d’euros de ses propres actions. Cette pratique purement spéculative sert juste à faire grimper artificiellement le cours de l’action Total et à augmenter à court terme le dividende versé par action.. C’est une forme de destruction du capital de l’entreprise. Trente milliards partis en fumée. Mais payés par les consommateurs. Bien sur de ces masses d’argent les salariés n’en voient pas non plus la couleur: le salaire moyen y a baissé de 8% en trois ans et la part des salaires dans la valeur ajoutée y a chuté de quatre points...